J'avais besoin de prendre du temps, du recul, de revenir aux sources, de reculer, de refaire certains pas à l'envers, de revenir en arrière. De défaire les points des « i » et d'envoyer tout balader, en l'air, là où les choses ne me touchent pas, là où les choses sont légères. J'avais besoin de tout mon temps pour contrôler ma peur que mon bonheur s'endorme ou ne se soit déjà endormi. Oui j'ai eu ce besoin de réveiller tout en moi, quand l'espoir était mort et que le manque d'envie avait pris sa place. La privation m'avait gagné et de ma débauche ne me restait que ma solitude. Mon intérieur restait incontrôlable, intouchable, inviolable. Je me devais de me rendre à l'évidence, d'ouvrir les yeux sur mes désirs, et de m'en protéger. Oui je me devais de saccager mes pensées. De réduire à néant tous ces maux pour ne garder que le doux et le beau. Juste une brève et banale histoire de gris, juste une histoire de pluie. Passagère. Jusqu'ici rien de grave, jusqu'ici tout va bien.
L'évidence est là.